Sorti le 29 août 2025 sur toutes les plateformes majeures (PS4/PS5, Xbox, Nintendo Switch, PC) et au préalable via une version Démo, Shinobi : Art of Vengeance marque le grand retour de Joe Musashi, le ninja emblématique de SEGA, après plus de quinze ans d’absence. Développé par le studio français Lizardcube, déjà à l’origine du succès critique Streets of Rage 4 ou encore Wonderboy Dragon’s Trap, ce nouveau volet s’inscrit dans la continuité des classiques, tout en modernisant la formule avec un style visuel audacieux et un gameplay dynamique. Mais au-delà de son identité propre, le jeu est aussi une véritable lettre d’amour aux fans, truffée de clins d’œil à l’histoire de SEGA et de la franchise Shinobi.
Les inspirations : un hommage aux racines de la saga Shinobi
Shinobi: Art of Vengeance puise son essence dans les opus historiques de la série, notamment ceux sortis sur Mega Drive/Genesis. Ben Fiquet, directeur artistique de Lizardcube, a expliqué que l’équipe s’est inspirée directement de The Revenge of Shinobi (1989) et Shinobi III : Return of the Ninja Master (1993), deux titres qui ont marqué l’âge d’or des jeux d’action 2D sur génération 16-bits. Le jeu reprend ainsi les mécaniques de combat rapides, les phases de plateforme exigeantes et l’atmosphère sombre et mystique qui ont toujours caractérisé les aventures de Joe Musashi. L’objectif était clair : « Rendre hommage à la franchise de plusieurs façons, tout en offrant une expérience moderne et accessible ».

L’esthétique du jeu est un mélange subtil de tradition et d’innovation. Les décors, inspirés par des estampes japonaises, des temples en ruine et des villes cyberpunk, rappellent les contrastes visuels des anciens Shinobi, tout en intégrant une direction artistique plus colorée et détaillée, proche de ce que Lizardcube avait réalisé sur Streets of Rage 4. Les niveaux sont conçus pour alterner entre des environnements naturels (forêts, villages) et des lieux futuristes, une dualité déjà présente dans les jeux originaux, mais ici poussée à son paroxysme. Les développeurs ont également cité Akira (1988) comme une influence majeure pour les jeux de lumière et d’ombre, essentiels pour recréer l’univers d’un ninja évoluant dans la pénombre.
Du Metroidvania chez Shinobi !
Le gameplay, quant à lui, mise sur des combats plus fluides et des enchaînements de coups plus variés avec un système de combo propre aux brawlers tels Streets of Rage. La difficulté et la précision qui ont fait la réputation de la série sont bel et bien conservées. Joe Musashi peut désormais enchaîner des combos aériens, utiliser de nouvelles armes et techniques, et explorer des niveaux semi-ouverts, une évolution qui rappelle les mécaniques des Metroidvania modernes comme Ori ou Hollow Knight.
Contrairement à un Metroidvania traditionnel, où le joueur explore un vaste monde interconnecté dès le départ, Shinobi: Art of Vengeance reste un jeu découpé en cinq zones regroupant en tout quatorze niveaux distincts dont certains entrecoupés de Bonus Stage. Cependant, chaque niveau est conçu pour encourager la revisite et l’exploration grâce à l’acquisition de nouvelles compétences. Par exemple, après avoir débloqué une nouvelle technique de saut ou un pouvoir de ninja, le joueur peut retourner dans des zones précédemment inaccessibles. Les développeurs ont expliqué que le jeu n’est pas un Metroidvania à part entière, mais qu’il emprunte des éléments clés du genre. Plutôt qualifié de « Metroidvania-lite », cela permet de conserver la structure en stages de la série Shinobi (un peu à la manière de ce qu’était le premier épisode Game Gear) tout en ajoutant une touche d’exploration et de progression typique de ce genre adulé.
Un œil sur les références à l’univers SEGA : une célébration du patrimoine
Les fans de la première heure ne seront pas en reste : Art of Vengeance regorge de références aux anciens épisodes. Dès les premières minutes, on reconnaît des ennemis iconiques, des musiques réarrangées, et même des costumes inspirés des versions Game Gear ou arcade. Le jeu propose d’ailleurs, en précommande ou via des DLC, des skins et des niveaux bonus directement tirés des précédents opus, comme le « Niveau Méchants SEGA » annoncé pour 2026, où Joe affrontera des boss emblématiques de l’histoire de la marque au hérisson. Le jeu est aussi un hommage à l’ensemble du catalogue SEGA, avec des clins d’œil plus ou moins discrets à d’autres licences cultes de l’éditeur (ou de simples imaginations de ma part LOL).
- Streets of Rage : le style graphique et l’ambiance sonore rappellent clairement Streets of Rage 4, autre succès de Lizardcube. Certains décors urbains et ennemis semblent directement sortis de l’univers du beat’em up, certains graffitis ou affiches font référence au célèbre brawler.
- Shenmue : je n’en dirai pas plus !
- Golden Axe et Altered Beast : Dans certains niveaux, on peut apercevoir des éléments de décor ou des ennemis inspirés de ces classiques, notamment dans les phases se déroulant dans des temples ou des forêts mystérieuses.
- Sonic the Hedgehog : Bien que moins évident, un niveau cyberpunk rappelle étrangement Chemical Plant Zone, avec ses plateformes métalliques et ses néons fluorescents.
- SEGA Villains Stage : Le DLC annoncé pour 2026 promet d’aller encore plus loin, en proposant des affrontements contre des boss issus d’autres franchises SEGA, une idée qui ravira les collectionneurs et les puristes
Conclusion : un retour réussi et prometteur
Avec Shinobi: Art of Vengeance, Lizardcube et SEGA ont réussi un pari audacieux : faire renaître une licence culte sans trahir son héritage, tout en l’enrichissant de nouvelles idées. Le jeu est à la fois un hommage aux racines de la saga et une porte d’entrée pour les nouveaux joueurs, grâce à son accessibilité et sa modernité.
Les clins d’œil à l’histoire de SEGA et les références aux anciens Shinobi en font un titre particulièrement savoureux pour les fans, mais sa qualité intrinsèque — gameplay précis, direction artistique sublime, contenu généreux — en fait aussi une expérience à part entière, capable de séduire un public plus large. En attendant le DLC SEGA Villains Stage, les joueurs ont déjà de quoi s’occuper avec un jeu qui prouve que les vieux ninjas ont encore de beaux jours devant eux.






